Famille de Trévière

Domaine de la Maison de Trévière
 
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 [IRL][Histoire]Histoire des Chevaliers Teutoniques

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Samuel
Patriache, Comte d'Astarac
Patriache, Comte d'Astarac
avatar

Messages : 4292
Date d'inscription : 12/06/2009
Age : 593
Localisation : Mimizan / Astarac
Humeur : du Sable et de l'Or

MessageSujet: [IRL][Histoire]Histoire des Chevaliers Teutoniques   Ven 6 Nov 2009 - 13:35

Histoire des Chevaliers Teutoniques


Kristjan Toomaspoeg, Flammarion, 2001, ISBN 2-0821-1808-8


Chapitre 1 : de la Cure au combat : la fondation de l’Ordre Teutonique (1190-1198)

1095 : Urbain II appelle à la première croisade
Début XIIème siècle : création des ordres militaires.

A/ les fondateurs : Templiers et Hospitaliers

1) les Templiers

• Vers 1118-1119 : Hugues de Payns créé une milice de « soldats du Christ ». Par leur résidence auprès de l’ancien temple de Salomon, ils sont appelés les Templiers.
• 1128 : reconnaissance de la milice par le pape.
• Cet ordre est composé d’une part de prêtres qui n’ont pas le droit de verser le sang, d’autre part de chevaliers. Tous sont soumis à la Règle de St Benoît avec des aménagements pour les militaires.

2) les Hospitaliers

• Milieu XIème siècle : création de l’Hôpital de St Jean Baptiste. (ancêtre de l’Ordre de Malte). A l’origine lieu de soins et d’accueil, l’organisation devient peu à peu militaire.
• 1135 : hiérarchie militaire.


• Chaque communauté ou ordre se rattache à un pays : Templiers (France), Ordre Teutonique (Pays germanophones/ Saint Empire), ordre du St Esprit (Pise, 1191).

B/ Aux origines de l’Ordre : l’Hôpital des Allemands

• Début XIIème siècle : création de l’Hôpital des Allemands
• 1140 : Rattaché à l’Ordre des Hospitaliers
• 1152 : Croisade de Frédéric Barberousse (empereur germanique). Les empereurs s’intéressent de plus en plus à la Palestine.
• 1190 : le duc Frédéric de Souabe arrive à Acre. Il confie la direction de l’ordre qui compte encore très peu de membres à son chapelain. L’ « Hôpital des Allemands » situé à Jérusalem change de nom pour l’ « Hôpital de Ste Marie des Teutoniques »
• L’ordre reste très petit mais ses possessions sont étendues par les rois de Jérusalem Guy de Lusignan et Henri de Champagne.

C/ Création de l’Ordre Teutonique

• 1191 : Etablissement d’hôpitaux allemands en Sicile pour accueillir les Allemands en partance pour la Terre Sainte. Ils ne sont pas encore centralisés avec l’Hôpital de Ste Marie des Teutoniques de Jérusalem.
• 1196 : Le pape Célestin III confirme les possessions de l’Hôpital et le prend sous sa protection. Il lui accorde les mêmes droits sur l’hospitalité qu’aux Hospitaliers et aux Templiers. L’Hôpital de Ste Marie des Teutoniques n’est plus sous la coupe des Hospitaliers.
• 1197 : l’empereur dote l’ordre de possessions en Italie et en Sicile.
• 1197/98 : Croisade de l’empereur et roi de Sicile Henri VI de Hohenstaufen. Mort de l’empereur, retour des croisés allemands.
• 1199 : Le pape Innocent III fait de l’Ordre Teutonique un ordre militaire.

D/ Entre le pape et l’empereur : pour un ordre nouveau

• La création de l’Ordre Teutonique répond à un besoin : de plus en plus d’Allemands viennent en Terre Sainte (croisade et pèlerinage).
• La transformation en ordre militaire institutionnalise la présence des chevaliers : le pape a une armée en Terre Sainte qui lui est propre. L’empereur a lui aussi des intérêts stratégiques qu’il peut défendre grâce aux Teutoniques ; Jérusalem et la France s’appuient sur les Templiers.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Samuel
Patriache, Comte d'Astarac
Patriache, Comte d'Astarac
avatar

Messages : 4292
Date d'inscription : 12/06/2009
Age : 593
Localisation : Mimizan / Astarac
Humeur : du Sable et de l'Or

MessageSujet: Re: [IRL][Histoire]Histoire des Chevaliers Teutoniques   Ven 6 Nov 2009 - 13:38

Chapitre II : l’aventure de la Palestine (1198-1291)

A/ des premiers pas hésitants

• 1197/98 : mort de l’empereur Henri VI de Hohenstaufen, laissant un jeune fils, Frédéric II. L’Ordre perd un appuie politique et recherchent des alliances avec les opposants de l’héritier. Double jeu ; le pape Innocent III freine l’expansion des Teutoniques car il est le régent du futur empereur.
• 1202 : Début des baillages en Méditerranée.
• 1208 : première hiérarchie de l’Ordre, d’un côté liée à l’hôpital, de l’autre militaire ; le maître de l’Hôpital des Teutoniques à St Jean d’Acre est le maître de l’Ordre.
• 1209 : indulgence du pape après la défaite des opposants à l’empereur Frédéric II ; bulle papale confirmant les possessions de l’Ordre.

B/ L’essor des Teutoniques (1209-1221)

• 1214 : Frédéric II utilise en Allemagne des Teutoniques comme auxiliaires militaires.
• 1217-1220 : avec eux il bataille pour s’assurer la couronne et pour maintenir son autorité en Sicile.
• 1219 : dons de l’empereur (léproseries etc…) et droits financiers.
• 1218-1221 : croisade de Damiette qui est la première grande opération militaire de l’Ordre.
• 1221 : le manteau de l’Ordre est fixé par le pape : croix noire sur manteau blanc. Réaction des Templiers qui jugent le manteau trop proche du leur.

C/ L’ « inventeur » de l’Ordre Teutonique : Hermann de Salza.

• 1196 : arrivée supposée en Terre Sainte
• 1209/10 : élu maître de l’Ordre. Milite pour les mêmes droits (militaires et financiers) que les ordres hospitalier et templier
• 1217 : obtention de gain de cause auprès de l’empereur
• 1220 : obtention de gain de cause auprès du pape. Il occupe une place d’intermédiaire entre l’empereur et le pape dont les relations se dégradent.
• Années 1220 : missions diplomatiques. Tente de convaincre les nobles allemands de participer à la croisade.
• 1223 : Frédéric II couronné à Jérusalem
• 1225 : accords passés entre le pape et l’empereur pour la croisade de Damiette.
• 1227 : l’empereur est excommunié ; baisse du soutien de la papauté à l’Ordre.
• 1229 : entre en compagnie de l’empereur à Jérusalem. Intermédiaire pour le mariage entre l’empereur Frédéric II et la fille du roi de Jérusalem, Jean de Brienne, qui lui transmet son titre.
• 1239 : meurt dans une possession Teutonique en Pouille (Italie).

D/ le développement du patrimoine Teutonique en Terre Sainte.

• Jusqu’en 1217 : les ressources de l’Ordre proviennent de dons car l’Ordre n’a pas le droit de faire l’aumône.
• Possessions :

_ Avant 1206 : Terrains et maisons à Acre et Césarée
_ 1206/09 : 2 tours à Césarée, 3 à Tripoli.
_ Vers 1220 : 44 domaines agricoles au Nord-Est d’Acre (seigneurie de Josselin).
_ Vers 1220 : les richesses en Europe dépassent celles d’Orient ; les Grands-Maîtres résident en Italie.
_ Vers 1230 : début de la construction du château de Montfort qui devient le centre économique et politique de l’Ordre en Palestine.

E/ Vers le retrait

• 1239 : mort d’Hermann de Salza et seconde excommunication de l’Empereur Frédéric II. Luttes internes dans l’Ordre Teutonique pour soutenir soit l’Empereur, soit le Pape. Ceux-ci pour « punir » l’Ordre de ses revirements politiques le privent de certains domaines. Les Grands Maîtres se succèdent rapidement mais aucun n’est capable de prendre une position politique franche ou de réorganiser l’Ordre.
• 1244 : perte de Jérusalem.
• 1250 à 1291 : luttes en Palestine; les terrains des croisés s’amenuisent.
• 1266 : première attaque du château de Montfort
• 1271 : abandon du château de Montfort

F/ la chute de St Jean d’Acre

• St Jean d’Acre est la dernière place forte des croisés.
• 1289 : prise de Tripoli
• 1290 : massacre de marchands musulmans par des croisés à Acre (sous prétexte qu’ils sont des soldats déguisés en marchands)
• mars 1291 : attaque d’Acre. Les Teutoniques combattent aux côtés des Templiers et Hospitaliers.
• 06/04/1291 : siège d’Acre
• 18/05/1291 : attaque finale
• 28/05/1291 : la dernière tour défendue par les croisés est perdue : chute de la ville.


• Les ordres sont remis en question car il n’y a plus de Terre Sainte à protéger.
• Les Hospitaliers se replient à Rhodes et Naples et leurs effectifs déclinent rapidement.
• L’Ordre du Temple est « liquidé » par le Pape et la couronne française pour récupérer les nombreux biens (surtout fonciers). Les biens templiers en Méditerranée sont donnés aux Hospitaliers ; ceux en Espagne au roi du Portugal qui en fait don à l’Ordre du Christ.
• Repli de l’Ordre Teutonique en Europe (via Venise puis la Prusse).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Samuel
Patriache, Comte d'Astarac
Patriache, Comte d'Astarac
avatar

Messages : 4292
Date d'inscription : 12/06/2009
Age : 593
Localisation : Mimizan / Astarac
Humeur : du Sable et de l'Or

MessageSujet: Re: [IRL][Histoire]Histoire des Chevaliers Teutoniques   Ven 6 Nov 2009 - 13:40

Chapitre III : A chacun sa place, la hiérarchie dans l’Ordre Teutonique

A/ L’émergence d’une Règle spécifique

• 1198 : l’Ordre suit les règles du Temple et de l’Hôpital
• 1244 : demande d’exemption au Pape de certaines clauses de la Règle des Templiers (cette demande sera copiée par les Hospitaliers)
• 1244/1249 : rédaction d’une nouvelle Règle

B/ La « tête » de l’Ordre : le Chapitre Général et le Grand Maître

1) Le chapitre général

Avant 1291 :

• Le Chapitre Général est organisé comme celui des Templiers : réunion des grands officiers de l’Ordre et des commandeurs des Provinces une fois par an.
• Le Chapitre Général a un pouvoir législatif et administratif absolu ; sa volonté prévaut sur celle du Grand Maître. C’est au chapitre que les grands officiers sont élus ou déposés.
• Dans la mesure ou les provinces sont éloignées les unes des autres, où il y a parfois des guerres etc… il y a beaucoup d’absentéisme.

Début XIVème siècle :

• Le Chapitre Général se réunit tous les 6 ans.
• Il est composé du maître de Prusse, du maître d’Allemagne, du maître de Livonie, des commandeurs des baillages autrichiens et italiens.
• Pas de changements concernant les pouvoirs du Chapitre Général.

2) Le Grand Maître

• Le Grand Maître est appelé Hochmeister ou Magister Generalis.
• Il est à la fois chef suprême de l’Ordre et souverain des territoires en possession de l’Ordre. Son seul suzerain est le Pape.
• Il est responsable de la gestion de l’Ordre mais n’a aucun pouvoir législatif ; il doit consulter le chapitre pour prendre ses décisions. Il doit s’incliner en cas de bras de fer avec le chapitre.
• Après le partage de l’Ordre en 3 branches (Prusse- Livonie- Allemagne), le Hochmeister ne contrôlera que la Prusse. La Livonie développera son histoire propre mais il devra se heurter aux commandeurs d’Allemagne.

C/ Le rôle des grands officiers et du procurateur général

• Le Grand Maître et le Chapitre décident de la politique de l’Ordre. Les grands officiers (Grossgebietige) exécutent les décisions. Ils sont nommés lors du chapitre général pour 1 an.
• Le Grosskomtur : ou Grand Commandeur. Il est le bras droit du Grand Maître.
• Le Maréchal de l’Ordre : chef de l’armée, il supervise l’entraînement des chevaliers et remplace le Grand Maître quand celui-ci n’est pas sur le champ de bataille.
• Le Spitzler : ou l’Hospitalier. Il gère les hôpitaux soignant les personnes étrangères à l’Ordre.
• Dapifer : le Drapier. Il est responsable des tenues données aux Teutoniques. Ce titre devint peu à peu honorifique et il désigne le Commandeur de Christburg.
• Le Trésorier : il gère la caisse de l’Ordre et du Grand Maître.
• Procurateur Général de l’Ordre : mission diplomatique auprès du Saint Siège. Généralement élu pour 2 ans, ses fonctions peuvent être renouvelées pour une durée plus longue. Son rôle est de nouer des alliances politiques et parfois militaires.

D/ La mise en place d’une hiérarchie interne

• L’Ordre a une organisation pyramidale similaire aux ordres inspirateurs.
• Le Commandeur de Province (Landkomtur) apparaît en 1202. Au XVème siècle il est assisté d’un lieutenant et d’un trésorier.
• Il a un pouvoir temporel local au même titre qu’un duc, comte etc… Il a également un pouvoir judiciaire au sein de l’Ordre: il juge les chevaliers locaux qui ont commis des fautes.
• Il peut nouer des alliances locales.
• Les dirigeants des commanderies sont élus pour quelques mois ou années (Italie) et sont ensuite envoyés dans d’autres commanderies. Cela permet d’éviter les usurpations de pouvoir en maintenant le contrôle de la hiérarchie sur la commanderie.
• Le cadre des règles est strict dans le Nord, moins dans le Sud car l’Ordre y manquera assez tôt de personnel.
• La « maison » est le centre de la commanderie. C’est là où sont regroupés les Teutoniques contrôlant le territoire de la commanderie.
• Parfois par manque de personnel, la gestion est confiée aux chapelains et procurateurs locaux (Prokurateramt). Au XVème siècle, quasi toutes les commanderies sont gérées par les chapelains locaux car les Teutoniques sont concentrés dans les maisons mères (Christburg etc…) et ne sont plus éparpillés sur le territoire. Le contrôle est plus relâché, surtout dans les Provinces du Sud, peu attractives pour les Allemands.
• Le Procurateur : est un rapidement un laïc gérant en Italie. Plus au Nord les Procurateurs sont des membres de l’Ordre, qui dans ce cas, portent le titre de « Procurateur et Nonce » ou « Procurateur et Syndic ».
• Les Visiteurs sont les inspecteurs itinérants de l’Ordre. Ils vont par 2 : un prêtre et un chevalier. Ils ont un pouvoir sans limite sur les baillages et leur droit d’inspection ne peut être entravé sans de graves répercussions sur le baillage récalcitrant.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Samuel
Patriache, Comte d'Astarac
Patriache, Comte d'Astarac
avatar

Messages : 4292
Date d'inscription : 12/06/2009
Age : 593
Localisation : Mimizan / Astarac
Humeur : du Sable et de l'Or

MessageSujet: Re: [IRL][Histoire]Histoire des Chevaliers Teutoniques   Ven 6 Nov 2009 - 13:41

Chapitre IV : Qui étaient les Teutoniques ?

A/ une estimation

• L’ordre n’a jamais dépassé les 2000 frères permanents. Vers 1418, la Prusse comptait moins de 500 frères. Les couvents sont à faible capacité: peu sont capables d’accueillir plus de 20 frères.
• Le rayonnement de l’Ordre est plus important que le nombre de frères. Cela est dû au grand nombre de familiers, de dépendants et d’associés.

B/ Quels critères de recrutement ?

• Les 6 conditions pour entrer dans l’Ordre :
_ ne pas être marié
_ ne pas appartenir à un autre ordre
_ ne pas dépendre d’un suzerain
_ être dépourvu de dettes
_ ne pas souffrir de maladie grave
_ être indépendant

• Entrer dans l’Ordre équivaut à un rachat de ses fautes. Les repentis sont donc acceptés, mais en général ils forment les premières lignes au combat.
• A début n’y a aucun recrutement selon la nationalité. Les baillages sont européens car la nation allemande n’existe pas au Moyen Age, de même que la langue allemande, qui accuse de nombreuses variantes.
• Ce n’est qu’au début du XIVème siècle que la « préférence » allemande se fait sentir, surtout au niveau des postes importants. Cette tendance touche ensuite les baillages.
• Contrairement aux autres ordres qui sont plus nombreux, l’Ordre recrute tout azimuts. Même si le recrutement dans la noblesse est préféré, la pluspart des frères viennent de petite noblesse urbaine (de robe) voire de la bourgeoisie.

C/ Les frères chevaliers, fer de lance de l’Ordre Teutonique

• A l’origine fondé par des marchands, l’Ordre Teutonique devenu militaire accueille les premiers chevaliers en 1198.
• 1216 : désormais le Grand Maître est obligatoirement un chevalier, de même pour les commandeurs provinciaux.
• Le frère chevalier prend la tête des écuyers et fantassins au combat. Son entraînement est perpétuel, sous la direction du Maréchal de l’Ordre.
• Les enfants oblats (offerts à l’Ordre) doivent attendre leurs 14 ans pour devenir chevaliers.

D/ Les frères prêtres

• Ils vouent leur vie à la célébration du culte, aux activités hospitalières ainsi qu’à la comptabilité et à la gestion.
• Au XIVème siècle ils ont l’obligation d’être nobles de sang allemand.
• Ils sont souvent cultivés, ont fréquenté les universités et certains sont auteurs de chroniques de l’Ordre.

E/ Frères servants, Demi-frères et Demi- sœurs

• Les Frères servants ou Sariantbrüder ou encore « Manteaux Gris » (manteau gris frappé de la croix de l’Ordre). Ce sont des écuyers non nobles et/ou des apprentis chevaliers.
• Le Demi- Frère (Halbbrüder) est un laïc associé aux activités de l’Ordre. Ils portent le manteau blanc orné de la demi- croix de l’Ordre. Il s’agit souvent d’hommes trop pauvres ou trop vieux pour intégrer l’Ordre complètement. Ils vivent avec les teutoniques et sons soumis à la règle de l’Ordre.
• Les Demi- Sœurs vivent en couvent. L’Ordre Teutonique est le seul ordre militaire à accepter les femmes. Elles sont divisées en deux catégories : d’une part les sœurs travaillant dans les hôpitaux et aux tâches domestiques, de l’autre les riches donatrices nobles qui finissent leur vie en retraite.

F/ le rôle des Confrères

• Les familiers (serviteurs) sont encadrés par les confrères. Ceux-ci se soumettent aux règles de l’établissement religieux et lui donnent leur bien et leur personne en contrepartie de droits et de moyens de subsistance (logé, nourri). Ils vivent sous le même toit que les Teutoniques.
• Ils sont recrutés dès l’origine. Au début il s’agit de pèlerins pauvres. Après la débâcle d’Acre, les confrères sont le plus souvent des couples âgés, des veufs et veuves sans grand moyen de subsistance qui, seuls ou en couple recherchent la protection de l’Ordre. Ainsi les dons des biens se fait post-mortem : ils gardent leur patrimoine toute leur vie, le donnant à l’Ordre en héritage. Ce mode de transmission permettra à l’Ordre d’obtenir de nombreuses maisons et terrains en Sicile et en Italie.

G/ Vivre et mourir dans l’Ordre Teutonique

• La vie quotidienne est marquée par la règle
• Pas de propriété personnelle : les membres ne possèdent pas leur armement, ni leurs habits, ni leurs chevaux qui sont prêtés par l’Ordre. Rasage obligatoire ainsi que la tonsure pour les prêtres.
• La règle du silence n’est imposée que pendant la durée du sommeil (nuit).
• La nourriture est en fonction de la période religieuse (carême, jours maigres). Le repas est plus ou moins riche selon le rang, l’état de santé et les besoins du membre de l’Ordre.
• La liturgie occupe 7 heures de la journée quel que soit le membre. Les prêtres ont une activité liturgique intense avec des séances de lecture et d’étude.
• Les chevaliers doivent au minimum connaître le Pater Noster et l’Ave Maria.
• 1244 : adoption et adaptation de la liturgie dominicaine à l’Ordre.

H/ Crimes et châtiments

• Parfois la vie chevaleresque entraîne des incompatibilités avec la vie religieuse ; suite à la « crise » du manque de personnel au XVème siècle dans les provinces du Sud, il y eut des relâchements notables entraînant une réaction judiciaire.
• La punition est en fonction du crime selon une échelle de délit.
• Il y a possibilité d’emprisonnement à vie, de renvoi et de transfert vers un ordre plus strict (cisterciens, bénédictins).
• Le contrevenant est jugé au chapitre dominical du baillage. S’il n’avoue pas spontanément le crime s’il s’avère être coupable, il y a sanction.
• L’enquête est approfondie si le membre de l’Ordre est dénoncé par une personne extérieure à l’Ordre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Samuel
Patriache, Comte d'Astarac
Patriache, Comte d'Astarac
avatar

Messages : 4292
Date d'inscription : 12/06/2009
Age : 593
Localisation : Mimizan / Astarac
Humeur : du Sable et de l'Or

MessageSujet: Re: [IRL][Histoire]Histoire des Chevaliers Teutoniques   Ven 6 Nov 2009 - 13:44

Chapitre V : la culture Teutonique

• Après la défaite de St Jean d’Acre, l’ordre déménage en Prusse et est réformé. Sa nouvelle mission est de vaincre le paganisme dans le Nord et l’Est de l’Europe. Les baillages du Sud (Italie, Sicile) perdent leur importance tant stratégique que culturelle.
• Apparition de la littérature Teutonique grâce à l’utilisation du langage vernaculaire (moyen haut allemand). Tous les membres allemands ont accès à l’histoire et à la littérature religieuse lors de la lectura du repas.
• Construction de nombreux monuments (églises, baillages, châteaux)

A/ Saints et saintes Teutoniques

• La Vierge : Outre son culte pour sa pureté, on l’invoque avant la bataille. Elle a également des fonctions hospitalières.
• Sainte Elisabeth de Hongrie : (1207- 1231) contemporaine d’Hermann de Salza. Elle épouse le comte de Thuringe lié aux Teutoniques. Veuve, elle fonde un hôpital et un
Couvent où elle se retire. Canonisée en 1235 sous l’impulsion d’Hermann de Salza. Sainte à vocation hospitalière et religieuse (ferveur).
• Sainte Barbe : Sainte dont les Teutoniques récupèrent la tête en Terre Sainte en 1242. Elle est invoquée contre la neige, le froid et les périls.
• Saint Georges : saint lié au combat contre le paganisme et à l’idéal chevaleresque.
• Saint Maurice : très présent en Livonie. Saint combattant lié à la fidélité et la foi.

B/ Une architecture fonctionnelle

• Les châteaux sont inspirés des Templiers et des Hospitaliers: il s’agit de forteresses défensives massives et sobres.
• 1220 : création du château de Montfort en Palestine et du bourg de Thoron
• 1230 : déménagement pour la Prusse et utilisation des techniques orientales comme l’hypocauste grec (chauffage central).
• 1234- 1284 : Construction de l’Eglise Sainte Elisabeth de Marbourg.

C/ Chroniques profanes et littérature religieuse

• Les clercs teutoniques fréquentent les universités. Ils ont accès au savoir qu’ils diffusent lors de la lecture d’œuvres biblique en latin ou en langage vernaculaire (lectura) pendant le repas.
• Les bibliothèques des maisons mères contiennent des ouvrages religieux (cartulaires, Bible, principaux ouvrages des Pères de l’Eglise) ainsi que la littérature laïque du Moyen Age (histoire de Charlemagne, conte du Graal etc…).
• Dès le XIIIème siècle apparaissent des chroniques sur les exploits chevaleresques des Teutoniques.
• Au XIVème siècle apparaît une littérature religieuse relative à l’Ordre.

D/ Vers la régionalisation d’une culture

• En Prusse et en Livonie l’Ordre est en confrontation contre les Prussiens païens puis chrétiens, les peuples Baltes et les Russes orthodoxes. Ils apparaissent pour ces peuples comme des envahisseurs et des oppresseurs. De plus, l’Ordre composé de nobles allemands n’a que peu de traits culturels communs avec les paysans slaves. La conversion se fait plus par les armes et l’occupation du territoire que par l’éducation ou le prêche. Rejet de la culture teutonique de la part des populations occupées.
• L’infidèle est vu comme un « chien du diable », quelle que soit sa religion, même orthodoxe ; idem pour son origine ethnique ou sociale car les slaves sont méprisés, même s’ils sont chrétiens catholiques.
• Dans les commanderies du Sud la tolérance est plus grande, au point qu’entre 1300 et 1492 la quasi-totalité de la communauté juive est sous protection de l’Ordre Teutonique.
• Les membres de l’Ordre sont regroupés en maisons mères. Leurs déplacements sont rares, surtout vers la Méditerranée où les baillages sont laissés à eux-mêmes. Il n’y a plus de diffusion publique de la culture et des valeurs de l’Ordre dès le début du XVème siècle. L’Ordre semble en « circuit fermé » et centré plus que jamais sur ses possessions allemandes et prussiennes.





Chapitre VI : le grenier méditerranéen

• Les établissements méditerranéens ont la vocation d’accueil des forces armées, des pèlerins en route pour la terre Sainte et le ravitaillement des armées qui y sont stationnées.
• 1309 : le déménagement du centre politique de l’Ordre Teutonique vers la Prusse met les baillages méditerranéens en périphérie de l’Ordre. Ce ne sont plus des provinces stratégiquement importantes.
• Milieu du XIVème siècle : les baillages méditerranéens passent de la direction du maître de Prusse à celui d’Allemagne, qui porte désormais le titre de « Maître d’Allemagne, d’Italie et d’Outremer ».
• Vers 1370 : retour du Pape à Rome. Renouveau de la présence teutonique dans les baillages italiens. Réformes.

A/ Chypre et l’Arménie Cilicienne

1) Chypre

• Fin XIIème siècle : Chypre est unie au royaume de Jérusalem. Elle est convoitée par les byzantins et les musulmans. Jérusalem encourage l’établissement des croisés pour sécuriser l’île.
• L’ordre y a quelques maigres possessions dont l’étendue diminue entre 1250 et 1265.
• Fin du XIVème siècle : présence teutonique attestée par le voyageur Ludhof de Sudheim. Plus de sources après cette période.

2) Arménie

• 1198 : installation en Arménie (Tarse, Armuda)
• 1236 : augmentation des possessions grâce aux combats (3 monastères, 5 bourgs)
• Vers 1260 : attaques des Baïbars et des Egyptiens. Perte de places fortes.
• 1291 : présence encore attestée en Arménie
• 1373 : Le dernier roi d’Arménie, Léon VI de Lusignan, s’exile en France. Aucune donnée tout au long du XIVème siècle sur une éventuelle présence teutonique en Arménie.

B/ La Grèce

• Les possessions grecques sont regroupées sous la dénomination du « Baillage de Roumanie ». Ils sont obtenus lors de la quatrième croisade (de Constantinople).
• 1204 : don d’une baronnie dans la principauté française d’Achaïe.
• 1205 : grâce aux liens étroits avec Venise (commerce et transport), établissement en Messénie Orientale (Hôpital Saint Jacques donné en 1246 aux Templiers).
• Entre 1304 et 1350 : le Pape nomme les évêques grecs « protecteurs de l’Ordre Teutonique ». Du fait de l’éloignement avec les centres stratégiques de l’Ordre, le baillage de Roumanie cherche des appuis auprès de la noblesse et du clergé locaux.
• XIVème siècle : château près de Kalamata.
• Fin du XIVème siècle : les Teutoniques prennent part aux guerres entre l’Achaïe et Venise en soutenant successivement l’un et l’autre. Grande effervescence diplomatique.
• La Grèce sera conquise par les Turcs au long des XVème et XVIème siècles. Aucune donnée relative à l’Ordre pour cette période.

C/ La Sicile, deuxième berceau de l’Ordre

• Les ports vers la Terre Sainte sont situés en Sicile et en Pouille. L’Italie du Sud devient une plaque tournante pour la production de denrées et leur exportation en Terre Sainte. Elle accueille également les nombreux pèlerins.
• XIème siècle : la Sicile aux mains des musulmans est conquise par les Normands. Les musulmans se déplacent vers le centre de l’île.
• 1194 : l’empereur Henri VI épouse l’héritière de la couronne sicilienne.
• Pour convertir les musulmans et réprimer leurs révoltes, l’empereur fait appel aux Teutoniques.
• Entre 1202 et 1219 : dotations importantes de l’empereur à l’Ordre : plus de 4000 hectares de terres et des terrains en Calabre.
• Le baillage n’a jamais atteint la capacité de 13 frères permanents ; la gestion du patrimoine est confiée aux laïcs locaux (bourgeoisie normande et sicilienne). L’ordre utilise des liens protecteurs et économiques avec la bourgeoisie locale et les Juifs de l’île pour maintenir une clientèle et assurer son rayonnement.
• Grâce à cela, les confrères et demi-frères assurent l’augmentation du patrimoine. Ainsi en 1291, l’Ordre crée la rue Nouvelle des Allemands à Palerme ; en 1491 elle possèdera plus de 200 maisons dans cette ville.
• 1260 : La Sainte Trinité de Palerme, Maison du baillage Sicilien est élevée au rang de commanderie provinciale.
• La Sicile devient la province la plus riche et la plus grande de l’Ordre jusqu’en 1291 ; à cette date, presque tous les frères de la province de Sicile, venus prêter main forte à la défense d’Acre meurent.
• Fin XIIIème et début XIVème siècle : la production n’est pas exportée vers les provinces du Nord mais est consommée sur place. Commerce avec Venise. L’Ordre acquiert des bâtiments Hospitaliers et Templiers. Cette province est délaissée par les membres de l’Ordre car elle est éloignée des zones de combats de la Prusse.
• Crise du XIVème siècle : elle est due à la gestion des laïcs du patrimoine: celui-ci est mal géré, peu mis en valeur. Les laïcs interviennent au chapitre, l’ordre a maille à partir avec la guerre civile qui secoue l’île, soutenant l’un et l’autre des belligérants.
• 1367 : reprise en main du Maître d’Allemagne. Réorganisation, contrôle accru, remise au pas des laïcs. La présence teutonique est renforcée par l’envoi de frères du Nord.

D/ La Pouille

• L’histoire du baillage de Pouille est parallèle à celui de Sicile compte tenu de leur proximité géographique.
• Les possessions de ce baillage sont proches des villes portuaires.
• 1260 : don du Saint Siège du monastère de Saint Léonard avec de nombreux terrains.
• Fin XIIIème siècle, début XIVème : lors de la transition de Venise, le domaine de Pouille est bien mis en valeur. Dès le déménagement vers le Nord, la Pouille devient une sorte de « province satellitaire » dont la gestion passe aux mains des laïcs. Peu de présence des frères ; on y envoie les frères trop vieux pour se battre.
• Milieu XIVème siècle : suite à la guerre civile sicilienne et à la gestion par les laïcs, la province de Pouille est en perte de vitesse économique.
• Fin XIVème siècle : suite au passage de la province aux mains du Maître d’Allemagne, la commanderie est réorganisée, contrôlée et la présence des frères est renforcée.

E/ Rome et l’Italie Centrale : siège du Procurateur Général

• Le Procurateur Général gère les possessions d’Italie Centrale (Latium et Toscane).
• 1220 : le Pape cède à l’Ordre l’église Santa Maria in Domnica de Rome. Elle devient le pôle de gestion de l’Italie Centrale ainsi que la résidence du Procurateur Général.
• 1305 à 1314 : sous le pontificat de Clément V, hostile aux ordres militaires (excommunication des Templiers), la présence sur le territoire du Saint Siège est remis en cause ; les possessions en Italie Centrale sont confisquées.
• Jusqu’en 1370, le retour du Pape à Rome, l’Ordre est absent d’Italie centrale. Après 1370 les terrains sont en partie rendus mais ne suffisent pas à subvenir aux besoins du Procurateur Général. Les terrains, trop disséminés, ne peuvent être regroupés en un baillage ; leur gestion est confiée aux laïcs.

F/ L’Italie Septentrionale: les baillages de Lombardie et de Venise

• Le baillage de Lombardie s’étend de la Lombardie au Frioul en passant par la Vénétie et l’Emilie- Romagne. Il est composé de nombreux biens très dispersés.
• Dès le début de l’Ordre, les liens avec Venise sont importants : aide de militaire, alliance politique et économique, dons… Etablissements dans les grandes villes de la province.
• 1240 : le commandeur provincial s’établit à Padoue.
• 1258 : présence de biens teutoniques à Venise : le doge fait don de l’Eglise de la Sainte Trinité. Liens avec les grandes familles vénitiennes.
• 1291 : chute d’Acre. Les Grands Maîtres se replient sur Venise. La ville est à mi-chemin entre les possessions méditerranéennes et celles dans l’Empire.
• 1309 : les Grands Maîtres partent pour la Prusse. Déclin de l’importance de Venise pour les Teutoniques.
• 1331 : don du roi Jean de Bohème de l’ancien palais de Frédéric VI Barberousse de Parme (pallazo dell’Arena).
• Les grandes villes de la province de Lombardie sont fréquentées par les prêtres de l’Ordre. En effet, y sont les grandes universités italiennes (Bologne, Parme…). Le baillage de Lombardie possède de nombreuses archives de l’Ordre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Samuel
Patriache, Comte d'Astarac
Patriache, Comte d'Astarac
avatar

Messages : 4292
Date d'inscription : 12/06/2009
Age : 593
Localisation : Mimizan / Astarac
Humeur : du Sable et de l'Or

MessageSujet: Re: [IRL][Histoire]Histoire des Chevaliers Teutoniques   Ven 6 Nov 2009 - 13:46

Chapitre VII : Vers la création d’un Etat : la Prusse

• L’Ordre compte peu de frères ; ses possessions sont toutes éparpillées dans le Sud de l’Europe et en Orient.
• 1211 : Hermann de Salza tente de ramener la tête de l’Ordre en Europe par une aide militaire contre les tribus coumanes (païennes) au roi de Hongrie, qui, en échange, doit donner un vaste territoire. Suite à la défection du roi de Bohème, les Teutoniques sont contraints de se retirer de Hongrie en 1225.
• 1225 : aide au duc de Mazovie contre la menace prussienne.
• 1227 : implantation en Livonie.
• 1230 à 1283 : conquête de la Prusse.
• 1309 : installation du chapitre général à Marienburg (Prusse).

A/ La Prusse avant les Teutoniques

• Peuplée de Baltes, la Prusse comptait 170 000 habitants.
• La Prusse possède de grandes plaines marécageuses et de grandes forêts. Elle est traversée par la Vistule : cette voie fluviale permettant de relier la Mer Noire, la Volga et Novgorod ; la Prusse est une région stratégique à fort potentiel commercial.
• Pays à forte population rurale. Existence de bourgs et de châteaux (en bois ?). La société est divisée en différentes classes ; existence de la noblesse.
• Religion mêlant animisme et polythéisme. Dès 997 tentative d’évangélisation de la Prusse. Résistance. La Prusse et la Livonie sont encerclées par des principautés chrétiennes.

B/ Les préparatifs de conquête

• 1226 : Hermann de Salza s’appuie sur Frédéric II ; il obtient ainsi du Pape la Bulle Dorée de Rimini. Les Teutoniques deviennent vassaux de l’Empereur à pied d’égalité avec les autres forces de l’Empire. Ils obtiennent le droit de battre monnaie, d’organiser des foires et ont un système judiciaire propre.
• 1226 : la priorité des Teutoniques reste la guerre en Terre Sainte.
• 1228 : la lutte contre les Prussiens est confiée à un ordre local (ordre de Dobrzyn).
• 1230 : le duc de Mazovie, reconsidérant l’aide des Teutoniques pour défendre sa frontière avec la Prusse et désireux d’annexer la Pologne, réitère son offre en agrandissant le territoire concédé à l’Ordre du pays de Kulm (Chelmno, Prusse Occidentale).
• 1234 : confirmation papale du don de ce territoire par le duc de Mazovie.
• 1235 : échec militaire de l’ordre de Dobrzyn qui est intégré à l’Ordre Teutonique
• Cette Bulle favorise les échanges entre l’Ordre et Lübeck : la Ligue Hanséatique, en lutte avec le royaume du Danemark, obtient ainsi un point de fixation commercial (comptoir) protégé par l’Empereur.

C/ la première soumission de la Prusse (1230-1254)

• 1226 : arrivée d’un très petit contingent en Prusse. Résidence dans le bourg de Vogelsang sur la Vistule.
• 1230 : Hermann Balk, futur premier commandeur de la province de Prusse, créé Nessau et progresse en Prusse par voie fluviale.
• 1231 : Première traversée de la Vistule, conquête de bourgs. Construction de châteaux forts : Torn (Torun), Kulm, Marienwerder (Kwidzyn).
• 1233 : le pays de Kulm est conquis. Victoire en Posémanie contre les prussiens occidentaux (bataille de Sigurne). Construction du château de Rheden.
• 1236 : christianisation de la Posémanie ; construction des bâteaux Pilgrim et Friedland qui permettent dembarquer plus de chevaliers sur les cours d’eau.
• 1237 : début de conquête de la Prusse Orientale.
• 1240 : conquête de la Prusse occidentale.
• 1242 : conflit avec le duc de Pomérélie. Sentant ses frontières menacées il s’allie avec les Prussiens qui se révoltes. Echecs militaires, repli des teutoniques dans leurs places fortes.
• 1246 : victoire grâce à l’arrivée de nombreux croisés allemands venus en renfort.
• 1248/1249 : traité de paix avec le duc de Pomérélie suivis d’accords avec les Prussiens ; reconnaissance de la noblesse Prussienne. Les Prussiens baptisés sont déclarés hommes libres mais soumis à certaines obligations.
• 1254 : La Prusse Orientale est soumise ; création de Koenigsberg.

D/ Ultimes insurrections (1260-1283)

• 1260 : l’Ordre est affaibli par les défaites essuyées face aux Lituaniens.
• 1260 : Les Prussiens se révoltent contre la violation des traités de 1249 : les hommes libres sont corvéables pour la construction des châteaux teutoniques.
• Années 1260 : retour au paganisme ; les révoltés sont dirigés par la noblesse locale.
• 1263 : les Teutoniques ne tiennent plus que leurs places fortes : ils ont été repoussés de la quasi-totalité du territoire.
• 1261-1264 : le Pape appelle à la croisade contre les Prussiens (22 bulles)
• 1265 : arrivée des premiers croisés – principalement allemands -
• 1272 : révolte durement réprimée ; le principal chef des insurgés est pris et pendu.
• 1283 : fin définitive des combats.

E/ Le mythe de l’envahisseur Teutonique

• Cette conquête est plus stratégique et économique qu’une expansion volontaire allemande.
• Entre 1000 et 1300 : la population européenne triple. Recherche de nouveaux espaces exploitables pour améliorer les conditions de vie.

F/ Un « génocide » Prussien ?

• 1230 : population de la Prusse est de 170 000 habitants ; elle tombe à 90 000 vers 1300 et remonte à 140 000 habitants au début du XVème siècle.
• Les combats et la cruauté envers les populations païennes sont mandatés par l’Eglise et les écrits des Pères de l’Eglise.
• Le but des Teutoniques n’est pas de convertir les Prussiens mais de défendre les frontières et d’occuper le territoire qui leur est dévolu. Le côté militaire prime sur le religieux. Tactique de la « terre brûlée », destruction des récoltes et des villages.
• 1230-1240 : l’évêque de Prusse dénonce la violence de l’Ordre. Désaccord avec les Teutoniques.
• 1243 : la Prusse est divisée en 4 diocèses
• 1311- 1312 : même accusation du légat du Pape ; le Pape Clément V (hostile aux ordres militaro religieux) se sert de ces accusations pour affaiblir l’Ordre.
• Les régions qui s’étaient pliées de facto aux Teutoniques n’ont jamais été pillées.

G/ Les modalités de la colonisation

• La colonisation se fait par l’arrivée de migrants dans les lieux déjà habités se mêlant à la population locale.
• Les hommes libres colonisateurs ont plus de droits que les hommes libres locaux.
• Les villes ont une composition hétérogène : on y rencontre la noblesse rurale locale qui s’est déplacée vers les villes et les marchands allemands.

H/ Une puissance à son apogée

• Entre 1264 et 1284 : les Teutoniques s’insèrent dans les chapitres diocésains. Ils intègrent progressivement les évêchés dans l’Ordre.
• 1309 : installation du chapitre de l’Ordre à Marienburg
• 1343 : appropriation de la Pomérélie (dont le centre est Dantzig)
• 1361 : l’île de Gotland (Visby) est envahie par les Danois.
• 1375 : révolte au Gotland.
• 1398 : aide aux Danois pour la reconquête de l’île
• 1408 : après complète pacification l’île du Gotland est rendue au Dannemark contre une rétribution.

I/ L’entrepreneur de la Baltique


• L’activité économique de l’Ordre repose sur de grands terrains agricoles d’un seul tenant.
• Vers le milieu du XIVème siècle, l’Ordre possède en Prusse environ 58 000 km2 de terrain, 10 000 bovins, 12 000 chevaux et 65 000 ovins.
• L’Ordre n’introduit aucune nouveauté concernant les techniques agricoles ; il se contente de gérer son patrimoine comme le ferait n’importe quel suzerain.
• Entre 1343 et 1410 : apogée économique de l’Ordre qui se lance dans les opérations commerciales avec la Hanse et dans les opérations de crédit avec les grandes puissances.
• Concurrence économique avec les marchands et la noblesse locale ; la population Prussienne n’aime pas que l’Ordre gère tout, impose et ne redistribue pas ses bénéfices: le conflit est latent entre l’Ordre et la population.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: [IRL][Histoire]Histoire des Chevaliers Teutoniques   

Revenir en haut Aller en bas
 
[IRL][Histoire]Histoire des Chevaliers Teutoniques
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Média: comment s'écrit l'histoire
» Voyager... grâce aux Desserts
» Chaine sur l'Histoire / Histoire militaire
» Histoire de la prison Bonne Nouvelle de Rouen
» Histoire des noms de nos navires

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Famille de Trévière :: Domaine Particulier de la Maison de Trévière :: Section Vie courante et HRP-
Sauter vers: